Il y a quelques temps j’ai présenté Caucasus Campaign l’une des dernières productions de GMT Games. Mon adversaire régulier, Svinkel / Bruno, avait acheté le jeu et il était lui aussi très tenté. Donc ce week-end nous sommes passé à l’acte et nous avons testé le jeu ce dimanche.Le programme était simple: arrivé de mon adversaire à 14 heures, petite mise en jambe en évoquant rapidement les nouvelles du front, rapide feuilletage des deux premiers numéros de Battles Magazine (séance émotion sur laquelle je reviendrais dans un autre article) , répartition des camps avec pour Svinkel le camp Soviétique et pour moi le camp Allemand, partie de Caucasus Campaign.
Nous avions prévu de finir dans la soirée. En fait nous avons terminé vers 19 heures (donc à la louche 5 heures de jeu) juste avant le repas. Comme je devais travailler le lendemain et que je me fait vieux, nous ne nous sommes pas lancés sur une deuxième partie. La partie a été courte car sur les 14 tours nous n’en avons fait que 10. Le joueur soviétique ayant officiellement remporté la partie lors du 10° tour de jeu… par mort subite.
Rajoutons rapidement que l’intendance était plus que convenablement assurée: bière (il y avait plus d’une bouteille, je vous rassure !), coca et une grande plâtrée de Chili con Carne maison…
Tour 1 à 3J’avoue avoir débuté la partie un peu à l’aveuglette sans savoir trop où et comment je devais aller. En fait faute de temps et de travaux chez moi, je n’avais pas préparé la partie. Donc mes plans étaient simples. Foncer sur Krasnodar pour essayer de prendre rapidement la ville, puis scinder mes forces en deux: une partie en direction de Taman et Novorossiysk, l’autre dont j’envisageais qu’elle soit la plus importante possible en direction de Grozny.
Mon démarrage n’a pas été je pense des plus foudroyants et des plus optimisés. Mais le front soviétique n’a pas tenu. Il faut dire que si les unités de l’axe ne sont pas les plus nombreuses elles ont l’avantage qualitatif, elles peuvent facilement profiter des bonus des unités blindés sans compter sur l’apport de l’aviation et notamment du VIII Flieger Korps. De plus il est difficile pour le russe de créer un front continu. Et des débordements sur l’axe Dubovskoe – Salsk – Tikhoretsk en sont assez facilité .
A la fin du tour 2 mes troupes avaient bien progressé. Les premiers points de victoire allaient tomber (Salsk et Tikhorest). Krasnodar était en vue. Mais mon adversaire au début du tour 3 a su faire preuve de perfidie.
Il m’a innocemment rappelé que Krasnodar et Maikop étaient tombé historiquement au tour 3. Cela m’a rappelé les règles de mort subite et la nécessite d’avoir 7 points de victoire au tour 6.
J’ai donc accéléré la machine. J’ai foncé sur les deux villes laissant les 2 ports de Yeisk et Primorsko en arrière de mes lignes. A la fin du tour j’étais aux portes de Krasnodar tandis que le russe avait réussi à établir une ligne de défense sur la rivière Kuban. Maikop était à 4 hexagones. Salsk était tombé mais des restes d’unités soviétiques faisaient bouchon et retenait des divisions qui auraient pu être précieuses plus au sud. Enfin je lançais doucement mes unités roumaines sur les deux ports à l’arrière de mes lignes et encore occupés par l’adversaire. Je dis doucement car je n’étais pas confiant dans la capacité des roumains à pouvoir prendre ces deux villes. Petite cerise sur le gateau, mon propagandiste d’adversaire protégeait mal ses lignes de communication. il n’avait pas ramené des troupes sur la ligne de chemin de fer allant de Derben à Krasnodar. Une division blindé en profitait pour occuper Voroshilovsk (1 point de victoire) ouvrant la route vers Grozny.
Tour 4 et 5Les grands moments de ces deux tours seront la prise de Krasnodar assez facilement, l’approche sur Maikop et un premier assaut raté. Je me décide alors à contourner la ville pour l’isoler en allant prendre Apsheronskaya. Il faut dire que dans le secteur j’ai réussi à masser deux unités de chasseurs et une division de montagne. Le terrain leur est donc favorable. Toutefois tour 5, l’encerclement est à peine esquissé, et la ville tombera tour 6.
Après la chute de Krasnodar, j’envoie les troupes, notamment une division blindé, prendre Taman. J’ai hésité avec Novorossiysk sur la mer Noire. Mais la chose m’a paru plus compliqué. La ville était plus fournie en troupes rouges. Et puis la prise de Taman permettant l’arrivée de nouveaux renforts allemands et roumains, j’ai rapidement défini mes priorités ! Il faudra deux tours pour que Taman tombe (tour 6).
En parallèle, les Roumains prennent Yeisk et se prépare à attaquer Primorsko.
Plus au sud je lançais mes pointes blindés sur Pyatigorsk. Une avance le tour suivant sur Nalchik me semblait possible.
Il me semblait que j’avais repris de l’avance car au tour 5 j’avais 6 points de victoire. Il ne m’en manquait plus qu’un pour la fin du tour 6.
Tour 6 à la fin (tour 10)Plutot que de faire un compte rendu chronologique je vais continuer mais par secteur.
Les roumains terminent tour 6 la prise de Primorsko. J’ai donc mes 7 points de victoire pour le tour. Je les ramènerai par la suite vers Krasnodar. Plus tard nous les retrouverons à Novorossiyk.
Temriyuk (1 points de victoire) tombe au tour 7 et Taman tombent au tour 8 permettant l’arrivée de 3 divisions supplémentaires (1 allemande et 2 roumaines). Ces unités et celles ayant servi à la chute de ces deux villes se retournent alors contre Novorossiyk. Un premier assaut loupera mais la ville tombera tour 9. La défense de la ville sera assurée par 2 divisions roumaines. J’aurais pu en rajouter une troisième allemande mais je me suis dit que la place était assez forte et que j’en rajouterais une troisième roumaine le tour suivant (le temps qu’elle arrive… )
En parallèle Maikop tombe grâce à l’équivalent de 6 divisions d’infanterie allemande (et un bataillon de cyclistes). J’enclenche un mouvement en direction de Tuapse. Mais surtout j’essaie de me glisser entre cette ville et Novorossiysk pour mettre les défenseurs de cette dernière en ravitaillement limités. Après la prise cette même ville j’espère gêner la contre attaque de Bruno (les troupes en ravitaillement limitées ont leur facteur d’attaque divisé par 2)
La progression dans ce secteur est d’une manière générale beaucoup plus difficile:
* le terrain se prête moins à l’offensive.
* Les lignes de communication de mon adversaire se sont raccourcies, ils ramènent plus facilement ses renforts (c’est encore plus vrai dans le secteur de Grozny)
* Il a envoyé ses trois corps d’infanterie (dont 2 de la garde), ses plus grosses unités, dans le secteur.
* je commence à envoyer massivement des troupes vers Pyatigorsk pour continuer mon avancée sur Grozny.
A la fin de mon tour 9 je controle donc Novorossiysk que je pense bien tenu et Maikop d’où je menace Tuapse.
De l’autre côté de la carte, après la prise de Pyatigorsk, j’ai stoppé net. Mon adversaire se renforçant plus rapidement. Les renforts arrivant à pieds de Tbilissi (avant la fermeture des cols) et par chemin de fer. De plus avec seulement deux divisions blindées et réduites je ne me sens pas assez fort. Donc pendant 2 à 3 tours j’ai renforcé mes forces: rappel d’unité du secteur de Krasnodar et renforcement des unités présentes.
La situation semble toutefois confortable. j’ai 13 points de victoire, ce qui peut me permettre de tenir jusqu’au tour 12. Il me faut par contre acquérir au tour 14 un point de victoire supplémentaire pour tenir. je pense y arriver difficilement avec Nalchik. Toutefois la victoire semble compromise. Car il me faut au tour 14 plus de 18 points de victoire. Grozny et ses trois points de victoire me semblent difficile à atteindre même si au tour 12 je récupère le VIII Flieger Korp. La ville de Tuapse quant à elle vaut 2 points. J’ai toute la route de Novorossiyk à Tuapse à nettoyer, mais c’est sans compter sur les divisions venant de Maikop qui peuvent faire diversion.
Les tours 9 et 10 je tenterais des assauts sur Nalchik tout en commençant à essayer de contourner la ville en direction de Ordzhonikidze. Mais la densité des troupes soviétiques est dans le secteur très importante et je n’ai plus le même punch que lors des premiers tours. Ainsi par exemple je n’ai plus le VIII flieger korps. Je n’ai plus qu’une unité aérienne contre 2 pour mon adversaire. En parallèle le coin pullule de divisions du NKVD qui apportent un bonus défensif. En fait j’ai clairement senti que j’avais laissé passé ma chance dans le secteur en ne renforçant pas plus vite mes unités pour pousser plus loin mon avantage.
Résumons.
Au tour 9, phase soviétique, Novorossiysk tombe. Une erreur de calcul me fait penser que je n’ai plus le nombre de points de victoire nécessaire pour passer le tour 10 (il en faut 11, je m’en compte que 10, alors que j’en ai bien 11 !!!)
Je lance mes deux attaques du désespoir sur Novorossiysk et Pyatigorsk mais aucune des deux villes ne tombent !!
Tout d’abord durant le tour 10, je n’arrive pas à prendre Nalchik. Et surtout Svinkel réussit à reprendre Novorossiysk. Il ne faut jamais faire confiance aux roumains !!! (et dans mon malheur j’ai eu de la chance, je n’ai pas eu droit aux renforts italiens !!!)
J’ai donc déclaré forfait au début du tour 10 de mon adversaire pensant que ce n’était pas la peine de le jouer car j’étais en dessous du nombre de points de victoire nécessaire pour éviter une mort subite (soit 11 alors que j’en avais 11). Mais avec le recul je ne pense pas que les tours suivants j’aurais pu reprendre Novorossiyk et percer en direction de Grozny. j’aurais tenu un tour de plus au maximum…
En conclusionLa partie fut très intéressante et très tendue. Mon adversaire est toujours aussi agréable. De plus il connaissait un peu le coin. Il a donc agrémenté la partie de quelques commentaires touristiques (ici une station balnéaire, ici ils sont restés des cocos purs et durs) et d’autres commentaires plus perfides (il faut que tu prennes la ville avant le tour 3).
En terme de jeu, le camp russe doit être assez frustrant. On se prend de grand tôle. C’est plus un rôle défensif et on ne freine l’avance ennemie que progressivement vers Novorossiysk et le région de Grozny. Pour illuster cela voilà une petite photo des pertes russes.. (d’un autre côté, j’ai perdu pas mal de troupes mais seulement 2 divisions blindés et 2 d’infanterie se sont retrouvées au tapis… J’avais pas mal d’unités réduites à la fin… Or l’allemand ne reçoit qu’un point de remplacement jusqu’au tour 7, puis 2…)

La stratégie et l’utilisation de nos moyens est à peaufiner des deux côtés . je pense qu’avec une meilleure planification j’aurais pu être un peu plus rapide. Mon adversaire a peu monté de contre attaques notamment dans le secteur de Salsk. Et à peu utiliser les points forts de ses troupes (le bonus défensifs des unités du NKVD par exemple..) Côté allemand j’ai réussi à mettre régulièrement mon adversaire en ravitaillement limité mais cela a un effet très limité