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 Sujet du message: Compte rendu Nach Frankreich
Message non luPublié: Ven 5 Sep 2008 19:15 
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Compte rendu de Stéphane Martin, venant de l'ancien forum

Ces différentes interventions sur "Nach Frankreich" m'ont donné l'idée de ressortir d'un recoin de mon disque dur un "vieux" compte-rendu de partie que j'avais encvoyé à VV en 1996 ou 1997 et auquel il ne fut pas donné suite.

C'est assez long et je ne suis pas certain que sa place est dans cette rubrique mais, bon au moins, cela m'aura permis de le sortir de son anonymat.

En relisant l'article et en mesurant sa longueur, je m'aperçois au passage que j'étais quand même un peu plus courageux et motivé pour ce genre de choses il y a 7 ou 8 ans.

Bonne lecture...

Mai 1940: l’option de Gaulle
Metz, 11 novembre 1937. A l’occasion du traditionnel défilé célébrant l’armistice de 1918, un certain colonel de Gaulle fait défiler à toute vitesse plusieurs dizaines de chars modernes. Cette démonstration fait sensation auprès des officiels et du public... Mais n’est il déjà pas trop tard ?

Tout au long des années trente, de Gaulle tente de convaincre sa hiérarchie ainsi que le pouvoir politique qu’il est nécessaire de développer la mécanisation de l’armée française en la dotant, entre autres, de divisions blindées plus nombreuses, plus puissantes et surtout plus autonomes. Ses recommandations ne seront écoutées que très partiellement et surtout trop tardivement. La doctrine du moment fait reposer l’essentiel de la stratégie française sur la défense à outrance avec de puissantes lignes fortifiées (le fameux programme « Maginot ») garnies par l’infanterie, reine de la Grande Guerre...
On connaît évidemment le sort qui fut réservé à ces options lors de l’offensive allemande en mai 1940.

Options possibles
Le jeu de simulation Nacht Frankreich (adaptation française de Victory in the West de chez GMT) fait actuellement figure d’incontestable référence pour la simulation au niveau opérationnel de la Campagne à l’Ouest durant les mois de mai et juin 1940. Outre un scénario permettant de reproduire les conditions exactes de cette campagne, ce jeu offre également la possibilité de transformer plus ou moins radicalement le dispositif militaire des Démocraties. Une série d’options est ainsi proposée au joueur allié. Chacune d’entre elles coûte un nombre variable de points de victoire. Mais l’une d’entre elles permet au contraire d’en récupérer une grande quantité. Elle consiste à se passer de la coûteuse Ligne Maginot. Dès lors avec les points récupérés, il est possible pour le camp allié de s’offrir quelques options intéressantes.
Dans la partie dont le compte-rendu est proposé ci-après, il a été décidé de tester les doctrines prônées par de Gaulle tout au long des années trente. En se passant de la construction de la Ligne Maginot, le camp français récupère 150 points de victoire. Ceux-ci peuvent être considérés comme une économie réalisée sur le budget militaire. Ces fonds vont dès lors pouvoir être consacrés à d’autres équipements militaires. La nouvelle organisation proposée prévoit d’une part le remplacement de cinq divisions légères de cavalerie (DLC) par un nombre équivalent de divisions légères mécanisées (DLM). Ensuite, il s’agit de doter la France de divisions blindées plus puissantes et surtout plus autonomes par rapport aux autres corps de bataille. Cette mesure se concrétise par l’apport de quatre divisions cuirassées (DCR) supplémentaires. En réserve, quatre autres divisions cuirassées sont renforcées. La troisième mesure consiste à profiter des ressources de la puissante industrie automobile française pour doter son armée d’une mobilité accrue. La plupart des divisions d’infanterie bénéficie désormais de capacités de mouvement plus importantes (pratiquement doublées dans la plupart des cas). Enfin, histoire d’accorder un surplus de tonus aux unités mécanisées, il est créé deux corps blindés autonomes et il est adopté une doctrine plus agressive dans l’utilisation de l’arme blindée. Cette dernière bénéficie ainsi de capacités offensives et d’exploitation comparables à celles des divisions mécanisées allemandes. Selon les règles de ce jeu, ces quatre mesures (options 6, 7, 9 et 15) coûtent un total de 260 points de victoire . Moins les 150 points pour l’économie de la ligne Maginot, cela nous donne encore un malus de 110 points mais les règles autorisent, dans certaines limites, ce genre de malus... (Il n’est toutefois pas certain que les Français et leurs gouvernements d’avant guerre auraient accepté ce gonflement du budget de la Guerre...)
La disposition initiale des troupes est également libre. Néanmoins, le joueur allié n’ayant pas choisi l’option permettant une meilleure collaboration entre Belges et Anglo-Français, l’ensemble des troupes françaises et britanniques devra demeurer hors de la Belgique jusqu’à ce que les Allemands viennent (probablement) violer cette neutralité...
Le compte rendu de partie qui suit se place essentiellement du côté allié... Il est recommandé aux lecteurs possédant la simulation de chez Oriflam (ou GMT) de lire le compte rendu qui suit en gardant un oeil sur les surfaces de jeu jointes à cette simulation.

Disposition initiale des unités:
C’est le camp allié qui doit procéder à son déploiement en premier lieu. Obsédé par les leçons de l’histoire, le joueur français tient à éviter ou tout au moins à parer 1) la surprise des Ardennes 2)une avancée trop en profondeur du gros des forces alliées en Belgique 3) la tentation pour le joueur allemand d’effectuer, comme en 1870, une percée par la « Trouée de la Sarre » autrement dit par le Nord de la Lorraine à l’Ouest du Rhin. En effet, sans Ligne Maginot, la frontière franco-allemande n’est désormais plus garnie que de fortifications nettement plus légères... Dès lors, le dispositif s ’organise comme suit. L’aile gauche, assez légère, est composée de la « British Expedionnary Force » (BEF) concentrée autour de Lille et de troisième Armée française centrée sur Maubeuge. A droite, le dispositif historique demeure intouché avec, le long du Rhin, les huitième et cinquième Armées. En revanche, le centre se révèle nettement plus puissant: la neuvième Armée désormais renforcée par deux DLM est centrée sur Sedan. Avec la deuxième Armée centrée sur Metz et renforcée par une DLM, elle doit, si nécessaire, s’avancer dans les Ardennes belges pour aller à la rencontre d’une éventuelle tentative de passage en force des Allemands dans ce secteur. Le relief accidenté devrait faciliter la défense... La quatrième Armée, plus faible et déployée dans la région de Sarreguemines, pourrait éventuellement craindre le pire face à une tentative de passage en force allemande depuis la Sarre. Voila pourquoi se justifie le positionnement de l’assez puissante septième Armée (avec un corps blindé autonome incluant 1 DCR, 1 DLM et 2 divisions motorisées) à Verdun, légèrement en retrait, apte à se porter, au choix vers les Ardennes belges ou la Lorraine. Enfin, en guise de réserve mobile, il y a l e « nec plus ultra » du dispositif français: la première Armée avec son corps blindé incluant 2 DCR, 2 DLM et 3 divisions motorisées. Cette armée est centrée sur Chalons Sur Marne, le long d’importantes voies de communication transversales et donc prête à faire mouvement vers les points les plus sensibles du front.... Ce dispositif se complète quelque peu avec la disposition choisie pour les effectifs belges, qui, assez peu conformément aux réalités politiques de l’époque, il faut bien l’admettre, va avant tout servir de « tampon » entre les forces allemandes et françaises. En effet, plus de 30 % des effectifs belges se concentrent sur les fortifications de Liège et d’Eben Emael, un bon 20 % dont quelques solides divisions est disposé dans les Ardennes. Quelques divisions font encore écran au nord sur la frontière hollandaise et à Anvers. Enfin, la réserve, constituée d’un dernier 30 %, se concentre sur Bruxelles. Aux pays Bas, seules quelques maigres régiments légers ont été éparpillés sur plusieurs voies de communication à l’est. Le gros des forces a en fait été concentré à l’intérieur du réduit fortifié hollandais situé à l’ouest du pays. Pour contrer la menace des paras allemands, la plupart des grandes villes ont été garnies de troupes...
Vient alors la mise en place du dispositif allemand. Malgré les quelques possibilités de camouflage offertes au camp de l’Axe, le joueur français peut rapidement remarquer que son centre très puissant a visiblement impressionné son adversaire. On peut ainsi remarquer que la douzième Armée positionnée tout au nord semble devoir se charger du sort des Pays Bas. Un peu plus étonnante est la disposition du fameux Panzergruppe Kleist (défini par le jeu comme étant la seizième armée) avec son fer de lance blindé (14e et 19e Panzer Korps). Il est en effet positionné au nord de Maastricht, ce qui semble présager un vaste mouvement identique à celui pratiqué par les Allemands en Août 1914 en suivant le « Plan Schlieffen » si ce n’est qu’il semble vouloir éviter le bloc constitué par les forteresses liégeoises (...ici aussi la concentration belge sur ce point renforcé a dû intimider l’OKH...) et passer par le sud de la Hollande avant de pénétrer en Belgique par sa frontière nord... Le deuxième point fort du dispositif allemand se concentre face aux Ardennes avec la très puissante sixième Armée. Celle-ci devrait, en toute logique, s’attaquer au massif ardennais en direction de la Meuse. Pour le reste, rien de bien dangereux est à signaler. Il semble surtout que l’option « Trouée de la Sarre » ait été écartée par le haut commandement allemand...
Passons au vif de l’action...

Premier tour 10 - 11 Mai 1940
Première surprise, aucun para allemand tombe du ciel. Ni aux Pays Bas, ni ailleurs... Les raids aériens se concentrent sur les quelques maigres unités hollandaises disséminées au sud est du pays. Le joueur allemand utilise son coup de force « façon Eben-Emael » pour faire sauter le verrou des fortifications de Maastricht et franchir la Meuse à cet endroit. Le coup réussit et, un peu à la surprise du camp allié, le 15e Panzer Korps de la quatrième Armée qui semblait être destiné aux forteresses de Liège s’engouffre dans ce passage, étrille une division belge et débouche d’emblée dans le Limbourg belge. Plus au nord, copieusement appuyée par l’aviation tactique, les deux divisions blindées du 41e Panzer K (18 ie armée) bousculent l’armée hollandaise et atteignent dès le premier jour les bords de la « Forteresse Hollande ». En revanche, la seizième armée rencontre un obstacle inattendu. Non pas armé (les effectifs hollandais sont dérisoires dans ce secteur) mais sous la forme de la multitude de canaux, rivières et autres fleuves à franchir... Quelques ponts tombent intacts mais beaucoup d’autres sautent devant l’avancée des blindés allemands qui perdent ainsi un temps précieux. L’infanterie de la quatrième Armée renforcée par le puissant sixième Groupe d’artillerie allemand commence le siège de Liège. Sans surprise, la sixième Armée allemande déferle dans les Ardennes pour se heurter à la forte opposition belge qui y a été disposée...
Le camp français réagit en appliquant son plan: la BEF s’avance en Flandres, la troisième Armée atteint Namur dès le premier tour, les neuvième et deuxième Armées s’avancent au coeur des Ardennes derrière l’écran des unités belges. La septième Armée se poste sur la Meuse en réserve provisoire entre Charleville et Verdun. Enfin, la première Armée effectue un premier mouvement vers le nord ouest étant donné qu’il semble dors et déjà évident que le gros effort allemand se portera sur la Belgique...

Deuxième tour 12-13 mai
Le 41e PK enfonce les fortifications hollandaises et atteint les faubourgs d’Amsterdam... En atteignant le nord de Bruxelles, le 15e PK grille la politesse au Panzergruppe Kleist toujours ralenti dans le dédale des cours d’eau hollandais. Les premiers contacts franco-allemands se produisent au coeur des Ardennes belges entre la première DLM (9 ie armée) et des divisions d’infanterie de la 6 ie armée. Les blindés de cette armée sont plus a sud. La BEF contre attaque et après de furieux combats parvient à repousser le 15e PK (peu à l’aise en milieu urbain) hors de Bruxelles... Les deuxième, septième et neuvième Armées françaises complètent leur déploiement dans les Ardennes belges. Deux des trois divisions cuirassées arrivées en renfort sont dirigées vers la première Armée, la troisième DCR demeure en réserve à la sortie de Paris.

Troisième tour 14-15 mai:
Amsterdam est entièrement aux mains du 41e PK bientôt rejoint par l’infanterie. Utrecht tombe et un tiers des effectifs hollandais sont encerclés dans leurs fortifications. Les divisions blindées allemandes contournent Bruxelles. En terrain plus favorable et avec l’appui de l’aviation, elles infligent de gros revers à la BEF. Après encerclement, les Allemands tentent un premier assaut massif contre Liège avec des résultats assez décevants... De violents combats embrasent les Ardennes. Des régiments de Waffen SS un peu trop avancés se font même surprendre par l’avant garde mécanisée française...
Mauvaise nouvelle pour le camp allié en fin de tour avec la capitulation hollandaise (...sans bombardement de terreur sur une grande ville néerlandaise). La douzième Armée allemande va pouvoir être dirigée vers le sud...

Quatrième tour: 16-17 mai
L’aile droite allemande est désormais au complet (les divisions d’infanterie ont rejoint les corps blindés au nord de Bruxelles) et produit un gros effort contre la BEF et quelques éléments belges bien esseulés... Deux divisions anglaises se font malmener par les Panzer à l’est de Louvain... Dans les Ardennes, le sort de l’armée belge se dégrade sous la poussée de la 6e Armée: les deux dernières divisions belges valides dans ce secteur se font tailler en pièces. La troisième armée française s’avance sur une ligne Liège - Namur afin de combler le trou qui se forme entre la BEF et le reste du front. Des divisions de réserve françaises (y incluse la division cuirassée laissée à l’arrière) sont rassemblées autour de Lille afin d’organiser un renforcement de l’aile gauche alliée qui déja menace ruine.
Pour avoir un peu trop laissé la BEF encaisser seul le choc du fer de lance blindé allemand, le joueur français doit se résoudre à abandonner la Belgique devenue intenable sous les coups de butoir combinés du PG Kleist et de la sixième Armée copieusement appuyés par la Luftwaffe. Les divisions de réserve rassemblées au sein d’une sixième Armée et d’une « Armée de Paris », forment un nouveau flanc gauche depuis l’Yser jusqu’à Lille. La BEF se replie sur les quelques positions fortifiées de Valenciennes et de Maubeuge. La première Armée française monte enfin en ligne et vient se positionner sur la droite de la BEF jusqu’à Charleroi. Le corps blindé de cette armée demeure toutefois légèrement en retrait afin de pouvoir intercepter toute tentative de percée blindée allemande. La troisième armée recule un peu pour se retrancher dans l’Entre Sambre et Meuse dans le triangle Charleroi - Namur - Dinant. Enfin, les neuvième, septième et deuxième armées forment une solide ligne de front en s’appuyant sur la Semois et la Meuse française avec quelques éléments déployés en avant de cette ligne pour des missions de retardement. Les quelques divisions belges rescapées se retranchent dans Anvers, Namur et Liège...

Cinquième tour: 18-19 mai
Malgré le flot croissant des réfugiés qui fuient la Belgique, la motorisation française sauve probablement son armée puisqu’elle permet une ... retraite plus rapide... Et en effet, le gros des effectifs allemands perd le contact avec la ligne de front alliée... Seuls les Panzer korps peuvent suivre mais craignant les contres, ceux ci préfèrent attendre les divisions d’infanterie... La présence non loin de la ligne de front des éléments blindés à la « de Gaulle » produisent déjà leurs effets...

Sixième tour: 20 - 21 mai
Gand tombe. Anvers tient difficilement face à la 12e Armée. Liège continue à subir les bombardements en règle et le siège de la quatrième Armée allemande. Dans le camp allié, on prépare l’accueil de la probable grosse offensive allemande qui s’annonce du côté de la zone comprise entre Valenciennes et Maubeuge... C’est pourquoi, le commandement français concentre ses deux corps mécanisés et l’essentiel de ses forces blindées dans cette zone... Quelques divisions rassemblées au sein de la dixième Armée récemment constituée renforcent le front.

Septième tour: 22 - 23 mai
Le camp allemand commet une bévue qui, après coup se révélera être l’un des tournants de cette campagne. En effet, tandis que l’Axe peaufine encore l’organisation de son fer de lance blindé, il dispose de toute son aviation et la concentre sur Liège, histoire d’en finir avec ce nid de résistance. Lorsque son tour vient, le camp français n’hésite pas et déclenche un violent contre dans le secteur Valenciennes - Maubeuge avec pas moins de 5 divisions cuirassées, 2 DLM et trois divisions motorisées encore intactes et appuyées par quelques divisions d’infanterie et une, certes, maigre aviation. Mais en face, les Panzer korps sont privés d’appui aérien et se font rudement malmener par le coup de force français...

Huitième tour: 24 - 25 mai
Disposant à nouveau d’un appui aérien maximum, les corps blindés allemands renforcés par de l’infanterie se ressaisissent et malmènent à leur tour le dispositif français. Mais au terme de ces quatre jours de bataille, le fer de lance blindé allemand a été émoussé avec deux de ses divisions blindées étrillées et deux autres victimes de sérieuses pertes... Plus à l’est, la pression de la 6e Armée allemande contraint les neuvième et septième Armées françaises à se replier deriière la Meuse française.

Neuvième tour: 26 - 27 mai
Liège et Namur tombent après avoir subi d’effroyables bombardements de l’aviation allemande. A l’exception de deux divisions affaiblies encore retranchées à Anvers, l’armée belge a été virtuellement rayée de la carte...
Menacée d’encerclement par la 6e Armée et l’infanterie du PG Kleist... La troisième Armée française effectue une retraite difficile vers une ligne Hirson - Charleville. Le QG est anéanti mais la position avancée de cette Armée a toutefois retardé la jonction des deux groupes allemands cités ci-devant...

Dixième tour - Onzième tour: 28-29-30-31 mai
Le camp allemand a visiblement des difficultés à se remettre de la terrible « Bataille de Maubeuge » puisqu’il perd près de trois tours à tenter de réorganiser un corps de bataille offensif. En fait, il s’ingénie à regrouper en ordre cohérent l’ensemble de ses troupes encore dispersées au quatre coins de la Belgique après les différents sièges des places fortifiées belges.... Il en profite également pour déployer sur son aile droite la deuxième Armée constituée de nouvelles divisions arrivées en renfort.
Après la chute d’Anvers, la Belgique ne capitule toujours pas malgré un territoire désormais quasi intégralement occupé et une armée qui s’est volatilisée...
Au moment, où le camp allemand semble prêt à se lancer dans une nouvelle offensive, le commandement français fait effectuer un nouveau décrochage de l’ensemble de la moitié gauche de son dispositif sur la ligne Somme - Marne. Le flot de réfugiés ralentit cette retraite mais, une fois de plus, c’est la motorisation de l’ensemble de l’armée française qui sauve cette retraite...

Douzième tour: 1 - 2 juin
Ca y est, le joueur allemand utilise enfin ses paras. L’action est moins spectaculaire que prévue puisqu’il s’agit de créer des têtes de pont sur la rive gauche de la Meuse entre Givet et Sedan en passant par Charleville... Cette opération surprend quelques éléments des 9e et 7e Armées (dont le QG de cette dernière...) en plein déménagement et permet surtout à la sixième Armée allemande, accompagnée par la neuvième Armée récemment constituée, de franchir en force le fleuve... dernier gros obstacle avant le prochain constitué par l’Aisne et la Marne. Plus à l’ouest, les divisions mécanisées allemandes doivent se résoudre à une nouvelle poursuite aux trousses d’une aile gauche et d’un centre français qui se sont dérobés...
La Belgique capitule enfin (...ou hélas...). Ce qui procure tout de même 200 points de victoire au camp allemand.

Treizième tour 3- 4 juin
Le fer de lance du PG Kleist a repris quelque énergie et bouscule plusieurs divisions laissées en mission de retardement entre la frontière belge et la Somme. Les sixième et neuvième Armées allemandes franchissent la Meuse et foncent sur l’Aisne atteinte et même franchie par les premiers éléments blindés du 16e PK.
Devant cette nouvelle évolution, les deuxième et quatrième Armées françaises quittent leurs positions au nord de la Lorraine et se replient dans un premier temps sur une ligne Pont à Mousson - Strasbourg avec les reliefs de la Haute Meuse et des Vosges en guise de points d’appui. La Marne constitue probablement la prochaine ligne de retraite.

Quatorzième tour - quinzième tour: 5-6-7-8 juin
Sur un front désormais plus large, les événements se précipitent. La douzième armée allemande accourue d’Anvers se joint au PG Kleist. Couvert sur sa droite par la deuxième Armée, ce gros ensemble glisse vers l’ouest sur une ligne Amiens - St Quentin.. Il semble que le camp allemand veuille tenter un débordement du gros des forces françaises par l’ouest.... L’ombre de Schlieffen plane encore.... Les sixième et quatrième Armées allemandes atteignent la ligne Oise - Marne entre Soissons et Chalons tandis que les dix-huitième et neuvième armées flanc-gardent le centre allemand contre les troupes françaises encore stationnées en Lorraine.
De toutes façons, le décrochement de l’ensemble de l’aile droite française se poursuit. La huitième Armée postée sur le Rhin se joint au mouvement et devrait assurer la garde aux confins de la Lorraine et de la Bourgogne...

Seizième tour - dix septième tour 9-10-11-12 juin
Le camp allemand joue son va-tout en lançant une violente offensive sur la Somme entre Amiens et la Foret de Compiègne. Tandis que la droite de la sixième Armée parvient à fixer l’essentiel de la première Armée française et du Corps expéditionnaire anglais entre Soissons et Epernay, le PG Kleist et la douzième Armée bousculent l’aile gauche française tenue par la sixième Armée et l’Armée de Paris constituées pour l’essentiel de divisions de réserve. La Wermarcht franchit la Somme et alors semble pouvoir se rabattre vers le sud-est sur la route de Paris via Beauvais et Clermont... La deuxième Armée allemande se dirige sur les ports de la Manche désertés même si le BEF est situé trop à l’Est que pour pouvoir envisager une quelconque évacuation par la mer...

Dix huitième tour - dix neuvième tour 13-14-15-16 juin:
En faisant glisser l’ensemble de son dispositif vers l’ouest, le camp français parvient à dégager quelques précieuses divisions de la première Armée pour venir renforcer une aile gauche qui s’est désintégrée et qui a dû laisser approcher les divisions blindées allemandes jusqu’à quelques kilomètres au nord ouest de Paris... Le 13 juin, le gouvernement français proclame un plan de mobilisation totale qui coûte certes des points de victoire mais qui surtout permet de disposer en une seule fois d’un gros appoint de points de remplacement et d’aller piocher dans les troupes postées en Afrique, en Norvège et dans les Alpes....

Vingtième - Vingt et unième tours 17-18-19-20 juin:
Les avant garde allemandes pénètrent dans Paris. Les autorités françaises refusent de déclarer la capitale « ville ouverte ». A nouveau, cela coûte des points de victoire au camp français (Paris risque en effet de subir des combats de rues...) mais cela lui permet de garder un point d’appui et logistique désormais vital sur son aile gauche et lui évite de risquer d’entamer le moral de la population française et donc un malus sur la table de reddition de la France, table sur laquelle le joueur allemand peut désormais lancer le dé depuis que le Nord et le Nord-Est de la France sont tombés dans ses mains...
Lorsque la partie s’achève, deux hexs de Paris sont aux mains des Allemands, l’ensemble du dispositif français au centre et sur l’aile gauche tombe en ruine, la Marne et l’Oise sont franchies à plusieurs endroits entre Soissons et Chalons, Meaux est assiégé .... et il est probable que deux ou trois tours auraient suffi pour définitivement régler le sort de Paris et de l’armée française. Mais, les pertes allemandes apparaissent plus lourdes que lors des vrais mois de mai et juin 1940... De plus, le camp allemand n’obtient pas la reddition française lorsque tombe le vingt et unième et dernier tour de jeu, ce qui le prive de 600 points et d’une nette victoire. Le décompte final se fixe légèrement au delà des 400 points de victoire, ce qui donne un match nul...

Bilan d’après campagne:
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’issue de cette campagne. Tout d’abord, le camp allemand ne disposait plus de deux atouts précieux. 1) Le joueur allié, tirant les leçons de l’histoire (... ce qui n’est évidemment plus très réaliste), savait que les Ardennes n’étaient pas infranchissables pour les divisions blindées et que, garnies de troupes motivées, ce massif pouvait tout de même retarder l’avancée des unités allemandes 2)L’élément de surprise n’a pas joué. Ici, il faut reconnaître que ce jeu ne permet pas une dissimulation suffisante des unités. Dès le premier tour de jeu, voire même dès la disposition initiale des unités, le camp allié a pu deviner les intentions allemandes alors que dans la réalité, il a fallu au moins trois ou quatre jours soit l’équivalent de deux tours de jeu pour que le Haut commandement français réalise l’importance de l’effort produit par l’armée allemande sur la Meuse via les Ardennes belges. En outre, alors que dans la réalité, le fer de lance blindé allemand, par sa détermination et son audace, a provoqué une véritable « onde de panique » sur son passage, dans ce jeu, le joueur allié, conscient des atouts mais également des faiblesses de ces unités, pouvait plus aisément les contrer. Ces dernières semblent en fait surtout efficaces lorsqu’elles ont à percer des points faibles du dispositif ennemi mais deviennent plus vulnérables face à une opposition plus décidée et ont alors absolument besoin du support de l’aviation mais également de l’infanterie, plus lente.
Le camp allemand a également commis deux erreurs déterminantes. 1) Il a sous estimé l’obstacle constitué par les cours d’eau hollandais. La percée blindée n’y fut effectivement pas aussi foudroyante que prévue (le PG Kleist y a certainement perdu un tour soit deux jours...). L’apport des paras curieusement absents au début de la campagne aurait sans doute pu éviter cet écueil 2) En privant ses blindés de l’appui de l’aviation durant un seul tour (le septième ), le joueur allemand a compromis l’efficacité de son fer de lance blindé.
Ceci dit, la réorganisation de l’armée française suivant les recommandations de de Gaulle a également produit ses effets. La constitution de puissants corps blindés a incontestablement intimidé le camp allemand qui, entre autres, n’a jamais tenté des chevauchées blindées comparables à celles réalisées il y a près de soixante ans... En outre, en concentrant ses meilleures unités autour des Ardennes et en constituant une puissante réserve mobile apte à contrer une éventuelle poussée depuis la Sarre, le camp allié est sans doute parvenu à convaincre (contraindre ?) son adversaire à tenter une variante plus ambitieuse du Plan Schlieffen. La résistance offerte par... les cours d’eau hollandais mais aussi par les unités belges concentrées à Liège et dans les Ardennes avec l’apport d’une solide avant garde française a néanmoins compromis l’élan initial de l’offensive allemande.
Les doctrines prônées par de Gaulle semblaient donc incontestablement plus efficaces que celles reposant sur la toute puissance des fortifications fixes. Néanmoins, sans l’appui d’une aviation équivalente à celle de l’adversaire, les corps blindés français furent tout de même exposés à une inéluctable destruction.... Il ne restait plus grand chose des fières divisions cuirassées à la fin de la campagne... En outre, l’armée française a encore souffert de nombreuses carences: moral trop faible pour de nombreuses unités, quelques QG bien anémiques,...
On remarquera enfin que des mécanismes de jeu pas toujours faciles à optimiser ont sans doute compliqué la tâche du joueur allemand.

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Message non luPublié: Mar 8 Jan 2013 20:42 
Vieille barbe
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Bonjour,

Je ressors ce compte-rendu ancien. J'avais cru comprendre que Nach Frankreich - Victory in the west ne permettait pas de retranscrire les événements de 1940, faute de pouvoir simuler la surprise stratégique de la percée allemande des Ardennes jusqu'à Abbeville.

Or, à ma grande surprise, ce compte-rendu aboutit une situation assez proche de la situation historique puisque les Allemands sont à Paris, que les Français non pas eu le bon goût de déclarer ville ouverte...

Alors, est-ce que ce jeu vaut encore le coup après les sorties successives de Case yellow et Blitzkrieg legend (sans compter No retreat 2 ;) ) ?

En tout cas, avec quelque retard, merci à Christophe pour ce compte-rendu détaillé :cool: ...

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Message non luPublié: Mar 8 Jan 2013 21:29 
Vieille barbe
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Cassius a écrit:
Je ressors ce compte-rendu ancien. J'avais cru comprendre que Nach Frankreich - Victory in the west ne permettait pas de retranscrire les événements de 1940, faute de pouvoir simuler la surprise stratégique de la percée allemande des Ardennes jusqu'à Abbeville.


J'ai déjà entendu cette théorie (une fois) mais je ne la partage pas et je ne suis pas certain qu'elle représente l'avis majoritaire.

Citer:
Alors, est-ce que ce jeu vaut encore le coup après les sorties successives de Case yellow et Blitzkrieg legend (sans compter No retreat 2 ;) ) ?


Le jeu est plus lourd que Case Yellow et beaucoup moins que Blitzkrieg Legend. Et contrairement à ce dernier, il couvre toute la campagne. Donc il garde au moins un certain intérêt lié à son positionnement et son échelle.

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De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.


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